Sareco - Mobilité et Stationnement
bannieresareco

Extrait : « Nous sommes d’ailleurs frappés de voir que, dans bien des cas, nos préconisations consistent à mieux utiliser des ressources existantes plutôt qu’à en créer de nouvelles. C’est un peu notre règle d’or : avant de construire un nouveau parking, essayer de régler le problème autrement. C’est facile à dire comme ça, mais souvent très compliqué à mettre en œuvre. »


 

Par Olivier Barrellier | 04.01.10

Premier volet de notre dossier consacré au stationnement dans la ville, un entretien avec Eric Gantelet, Directeur général de Sareco, un bureau d’études spécialisé dans le stationnement depuis plus de trente ans. Où il explique que, dans ce domaine, la technologie doit apporter une solution à une innovation plus organisationnelle.

InnovCity : Quelles tendances voyez-vous émerger dans les années à venir ?

Eric Gantelet : On assiste à une nette diminution du nombre de créations de parkings en centre-ville, compensée par la mise en place de parcs relais en périphérie, disposés auprès des stations de transports en commun. Cela fonctionne bien. Les collectivités ayant adopté cette disposition gagnent régulièrement plusieurs points d’usage des transports collectifs. Certains parcs relais sont d’ailleurs déjà saturés. Parallèlement, la mutualisation des infrastructures de parking en ville progresse vite malgré de sérieux freins règlementaires. Il s’agit de partager les places entre plusieurs bâtiments d’habitations, de bureaux et de commerces. Les périodes d’utilisation étant différentes, le gain de place peut atteindre 30%. Enfin, à plus long terme, l’apparition de nouvelles pratiques, comme le covoiturage ou l’auto-partage, nécessiteront des infrastructures à portée régionale et des règles spécifiques qui restent en grande partie à inventer.

Ce sont là essentiellement des innovations conceptuelles. Qu’en est-il de l’innovation technologique ?

Il y a effectivement sur ces sujets un foisonnement de nouvelles technologies. Certaines ont une application immédiate et évidente, comme la protection des places réservées aux livraisons ou aux handicapés. Mais, pour le moment, la majorité en est au stade des tests ou des projets pilotes. De plus, pour Sareco, la technologie doit répondre à un besoin, apporter une solution matérielle à une innovation plus organisationnelle. Nous sommes d’ailleurs frappés de voir que, dans bien des cas, nos préconisations consistent à mieux utiliser des ressources existantes plutôt qu’à en créer de nouvelles. C’est un peu notre règle d’or : avant de construire un nouveau parking, essayer de régler le problème autrement. C’est facile à dire comme ça, mais souvent très compliqué à mettre en œuvre.

Pourquoi ? En quoi réside la complexité d’une politique de stationnement ?

D’abord parce qu’il est très facile de se laisser abuser par ce qui simple à observer. Ajouter des places dans une rue continuellement touchée par le parking sauvage règle rarement le problème. L’interdire totalement non plus. Il faut comprendre les interactions entre les usagers, les équipements, les commerces, les bureaux et l’offre de transports collectifs. Inutile de préciser que ces acteurs sont non seulement indépendants, mais aussi soumis à des contraintes et des objectifs différents. Ajoutez les préoccupations environnementales et vous aurez une idée de la difficulté de l’exercice.

Que vous demandent vos clients ?

Nous travaillons généralement pour des communes de plus de 15 000 habitants et sur trois catégories principales d’usagers : les résidents qui habitent sur place ; les pendulaires qui viennent y travailler ; et les visiteurs, essentiellement la clientèle des commerces. L’objectif récurrent des villes consiste à limiter au strict minimum le nombre de places pour les résidents, à dissuader les pendulaires, et à favoriser les visiteurs pour de courtes durées. Ensuite, les actions proposées sont variables mais toujours du même ordre : carotte, bâton et communication.

Vous revendiquez investir 15% de votre chiffre d’affaires en R&D. Comment peut-on faire de la recherche en stationnement ?

Je comprends que cela puisse faire sourire mais c’est très sérieux et surtout très utile pour nos recommandations. Pour l’amont, nous réalisons des études génériques, comme l’impact du stationnement sur les gaz à effet de serre. Nous collectons également des données réutilisables par la suite sur les besoins en stationnement générés par différents équipements (NDLR : exemple, combien de places faut-il prévoir pour une piscine ?). Nous développons aussi des modèles mathématiques informatisés pour simuler l’impact de nos préconisations. Enfin, nous sommes en permanence à la recherche de nouvelles solutions et de nouveaux concepts. Cela passe notamment par de la veille à l’international.

Sareco en bref

* Activité : Ingénierie du stationnement

* Création : 1976

* Chiffre d’affaires : 1,2 M€

* Effectif : 15 personnes

* Références : plus d’un millier d’études, de Dunkerque à Singapour.